Ados et chevaux en chemin - 2024

Teaser spectacle de fin de séjour de rupture

“L'important n'est pas ce qu'on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu'on a fait de nous.” Jean-Paul SARTRE


Du 15 juillet au 17 août 2024, trois adolescentes âgées de 13 à 17 ans et relevant d’une mesure ASE, sont parties pour une marche de trois semaines avec deux chevaux et une mule, à travers le parc national des Écrins. Elles étaient accompagnées d’une équipe de quatre femmes (Céleste médiatrice équine, Marion LASSUS éducatrice spécialisée DE, Céline DELECLUSE psychomotricienne, et Lola CORPS médiatrice équine et ingénieure du son qui a réalisé un podcast tout au long du séjour).

Au retour de leur périple, une semaine de résidence était organisée afin qu’elles puissent créer un spectacle voué à partager leur expérience. Pour les accompagner dans ce processus de création, sont intervenues Valérie GAUDISSART art-thérapeute et Sidonie DUBOSC auteure-compositrice et chanteuse, de la compagnie Rêver Tout Haut.

Le spectacle FILLES DU VENT, s’est construit à partir des témoignages des jeunes filles autour de leur parcours de vie, de la relation qu’elles ont tissée pendant le voyage avec les chevaux, le groupe et la montagne, à travers des lectures, des chansons et des danses avec les chevaux.

Nous sommes parties marcher,

Nous avons fait la demande à la montagne de nous prendre dans ses bras, puis nous nous y sommes jetées.

Nous avons reçu son soleil, ses orages, ses silences…son immensité.

Nous ne l’avons pas regardé tout de suite dans les yeux, à quoi bon s’y attacher puisque de toute façon, nous allons la quitter ?

Une légende raconte que deux loups vivent en chacune de nous. Un loup noir qui représente notre part de colère, de rage, d’angoisse, de peurs, et un loup blanc qui incarne l’amour, la joie, l’empathie, la confiance…

S’ouvrir à la montagne, faire alliance avec elle, cela pourrait-il nourrir notre loup blanc ?

Nous n’en savions rien, mais nous avions l’envie d’en faire l’expérience aux côtés de nos chevaux.

Nos petits chevaux de vent, nos chevaux passeurs, si proches de nous qu’on croirait qu’ils sont à moitié humains, nos chevaux-humains, nos ch’humains, nos che’mains …

Autour du feu, le long des cimes, sur les interminables pistes, ils nous ont portées, non pas sur leur dos, mais sur leur courage, tête posée sur nos épaules et souffle chaud dans nos cheveux.

Peu à peu, pas à pas, nos cœurs se sont entrouverts, nos poings se sont desserrés.

Le soir, au cœur de notre tipi-maison, serrées être contre être, nous avons mêlé nos rêves.

La nuit, les étoiles sont devenues notre couverture, la terre, notre lit.

Chacune notre tour, nous avons été traversées par nos propres tempêtes, nous les avons laissées nous secouer, nous terrasser,

Une à une, nous nous sommes redressées, portées par le groupe ;terreau, ciment, solide...

À croire que lorsque les fragilités s’allient, elles deviennent force.

Nous avons senti la fin approcher, nos poings se sont serrés de nouveau, ils se sont refermés sur une poignée de maté jeté à la rivière, une offrande à la montagne, un vœu pour nos vies.

Finalement, la question n’était pas de s’attacher ou non à la montagne, elle était de devenir, de redevenir montagne, roche, rivière, vent...

Nous sommes parties orphelines. Nous sommes rentrées filles du vent, chacune bien accrochées à la fourrure de notre loup blanc…Céleste