« Peut-être que notre confort est notre pire ennemi. » Edouard SNOWDEN
...Alors nous l’avons quitté…
“Nous avions pour seul objectif de passer du temps ensemble sans écrans, sans frigo, sans douche, sans musique …. avec les étoiles, la terre, les chevaux et le murmure lointain des loups. Sans but à atteindre, mais avec la conviction profonde que cette aventure serait source de transformations pour chacune d'entre nous.
Nos doigts ont quitté le tactile lisse des écrans pour venir se frotter au rugueux des cordes, des pierres, du sable. Nos mains ont appris l’intelligence des nœuds.
Le nœud de bandit, de chaise, le nœud kirghiz et le cabestan… sont devenus nos alliés de l'aventure, ils nous ont permis, de fixer, de charger, d'avancer et de nous délester de nos noeuds du quotidien.
Sous l'œil amusé des faucons et des vautours fauves, nous avons franchi les premiers cols, les filles ont découvert l'effort physique avec "le seum" regrettant TikTok, la vie confortable, la vie de la "flemme". Elles ont serré les dents et nous ont donné leur confiance, poussées du bout du nez par des chevaux pleins d'énergie.
On a chanté, écrit, lu, marché, marché, marché... Avalé des kilos de semoule et de fruits secs jusqu’à n’en plus pouvoir !
Guidés par nos héros-chevaux, nos pieds ont appris à penser comme des chamois, on a chopé l'intelligence du terrain...
Nos appuis et nos muscles se sont renforcés, nous donnant plus d'aplomb et de goût du mouvement.
Les rires ont pris le dessus sur les plaintes, l'attention s'est peu à peu tournée vers la montagne et ceux qui la peuplent, vers la beauté...
Nous avons tourné le dos aux "refuges-wifi", où tout nous pousse à retrouver les mêmes travers qu'en bas, nous préférions encore l'humidité de nos tentes, et même la voracité des moustiques…
Puis nous avons passé d'autres cols avec l'envie "d'aller voir derrière", la joie de sentir le vent glacé, nous confirmer que l'on est en haut et que même "s'il caille sa mère", on est bien fières d'y être arrivées.
On s'est donné la main dans les descentes dangereuses, "pire que les jeux vidéos", qui nous ont demandé une concentration à toute épreuve.
On a apprivoisé l'eau glacée, la sueur, les nuits sur un sol dur, les cheveux plus sales que d'habitude, l'allure moins instagramable... On a gagné en lien, en fous rires, en mésaventures qui se transforment en anecdotes joyeuses, en fierté d'avoir réalisé quelque chose de grand, d'avoir dépassé nos peurs, nos fatigues, nos démons.
Le voyage nous a façonnées et a tissé entre nous, les chevaux et la montagne, des liens puissants et indescriptibles.” Céleste
J'ai le plaisir de vous partager le documentaire sonore "Filles du vent"
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